The Gods Must Be Crazy, 2019

49-channel multimedia installation, found underwater footage, 5:4 aspect ratio, 5:30 min., continuous video loop

Avec The Gods Must Be Crazy, Charrière nous entraîne dans les profondeurs mystérieuses des abysses, l’environnement sans doute le plus reculé et le moins exploré de notre planète. Cette région nous est révélée en grande partie par la collecte et l’analyse d’images scientifiques. Dans l’installation, 49 écrans diffusent une collection d’images sous-marines. Chaque clip agit comme une vanité contemporaine ; or, ensemble, ils font l’effet d’ouvertures spéculatives sur un avenir post-humain, un destin où ne restent de nos civilisations que des détritus flottants. Il s’agit d’une dystopie – ou utopie – prospective, où l’intelligence artificielle scrute les fonds marins à la recherche de vestiges de présence humaine, totems de notre orgueil noyés, perdus dans les abîmes.

En réalité, l’artiste a minutieusement sélectionné chaque séquence parmi des heures d’images, à la recherche de traces et d’apparitions humaines au fond des mers – vestiges de civilisation, progressivement repris par les habitants des profondeurs. Ces visions fugaces révèlent une archéologie submergée où culture et nature s’entremêlent, où les ruines se transforment en habitats et où des objets autrefois destinés à la surface réapparaissent comme des monuments fantomatiques de la modernité.

L’évaluation et la présentation de ces images trouvées par Charrière montrent la façon dont nos explorations scientifiques, dans des territoires apparemment inexplorés, sont déjà devancées par l’influence de notre société moderne. Ces voyages scientifiques vers l’inconnu nous amènent à retrouver les traces de notre culture qui se manifestent dans la dislocation d’objets quotidiens qui – tantôt vestiges désolés, tantôt habités par les occupants de la mer – se transforment en monuments inattendus de la modernité.