Anouk Kruithof
Universal Tongue

Anouk Kruithof, «Universal Tongue», Kunstencentrum Vooruit Ghent, Belgien, 2018 © Photo: Niccolo Quaresima

Anouk Kruithof
Universal Tongue
24 avril– 30 octobre 2022

La danse est un langage universel d’échange, d’expression, d’épanouissement de soi et d’autonomisation individuelle et collective. Elle réunit des individus d’origines et d’âges différents dans un esprit de communion. La danse permet de célébrer l’existence dans toute sa diversité.

Dans Universal Tongue (2018), l’artiste néerlandaise Anouk Kruithof a exploré les apports successifs de cette pratique culturelle mondiale sous forme de clips et de vidéos YouTube, puis a rassemblé quelque 8 800 films grâce à une équipe de cinquante assistant.e.s. Ce vaste travail de recherche a donné naissance à une installation vidéo en huit canaux. Chaque canal présente une sélection de styles de danse hétéroclites sous forme de chorégraphies en solo, en duo et en groupe, d’une durée de quatre heures. Ces films sont accompagnés d’un montage musical de quatre heures élaboré à partir du matériau filmique collecté. Ce kaléidoscope de la danse qui mêle virtuosité, joie de vivre et façonnage rituel émeut et fascine à la fois par la diversité de ses formes d’expression. Ce projet comprend la publication d’un ouvrage compilant 1 000 styles de danse du monde entier – de A comme Abakuá-Dance (Cuba) à Z comme Zydeco (États-Unis).

8800 vidéos
1000 styles de danse
32 heurs
8 installation vidéo du canal

Anouk Kruithof, Universal Tongue, (2018)

ICE CRY BABY

Anouk Kruithof, Ice Cry Baby, vidéo 3:00 min, 2017

Anouk Kruithof puise le matériau filmique et visuel nécessaire à sa pratique artistique protéiforme dans les médias sociaux. Elle montre comment le monde dans lequel nous vivons se constitue à partir de sources numériques et nivelle les aspects dystopiques de notre existence avec le flot ininterrompu d’images que nous consommons quotidiennement. Parallèlement aux impressionnantes et enivrantes séries d’images animées d’Universal Tongue qui invitent à s’attarder et à y prendre part, l’exposition du Musée Tinguely présente un second travail vidéo d’Anouk Kruithof, Ice Cry Baby, réalisé en 2017. Il s’agit d’un montage de films YouTube donnant à voir l’effondrement de blocs de glace. À l’aide d’une bande-son intermittente, l’artiste souligne l’ambivalence de ces images, à mi-chemin entre vision quasi-méditative de témoins chancelants du changement climatique et vacarme semblable à celui d’un parc d’attractions célébrant la course à des phénomènes visuels singuliers.

Anouk Kruithof, Universal Tongue, Kunstencentrum Vooruit Ghent, Belgien, 2018 © Photo: Niccolo Quaresima

Anouk Kruithof, Universal Tongue
Kunstencentrum Vooruit Ghent, Belgien, 2018 
© Photo: Niccolo Quaresima

L’exposition Anouk Kruithof. Universal Tongue nous permet d’ouvrir un nouveau dialogue avec Danse macabre, œuvre tardive emblématique de Jean Tinguely réalisée en 1986. Chez Tinguely, la dernière danse figure au centre. Il s’agit de celle que tous les individus, indépendamment de leur statut social, exécutent en duo avec la mort avant de devoir tirer leur révérence les poches vides. L’iconographie de la danse macabre vient de la tradition visuelle du catéchisme catholique populaire qui devait tenir à distance les pauvres pécheurs des célébrations durant le carême, afin de préserver leurs âmes de l’enfer. La tradition visuelle humaniste de la danse macabre trouve également son origine dans les épidémies de peste du bas Moyen Âge. Universal Tongue vise non seulement à fêter la danse comme une célébration de la vie, mais aussi à souligner sa dimension fédératrice et solidaire.

L'exposition s'accompagne d'une publication, un dictionnaire de 1000 styles de danse du monde entier - de l'abakuá-dance (Cuba) au zydeco (États-Unis) :
Anouk Kruithof. Universal Tongue,17 × 10 × 7.5 cm, 2008 p., ills colour, paperback, ISBN 9789493146686, 2e édition, publiée par Art Paper Editions à Gand Belgique, 2021.
38 CHF pendant la durée de l'exposition.
 

Le commissariat de l’exposition est assuré par Roland Wetzel.